Solidarité Grèce : rassemblement à Montpellier vendredi 03 juillet 19h

Le collectif de soutien au peuple Grec, avec l’appui de nombreuses organisations, dont Ensemble !, appelle à se rassembler vendredi 03 juillet à 19 h à Montpellier, place de la préfecture. 



avec_les_gres_bleu.jpgLe collectif de soutien au peuple Grec, avec l’appui de nombreuses
organisations, dont Ensemble !, appelle à se rassembler

vendredi 03 juillet à 19 h à Montpellier,
devant la préfecture.







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Communiqué de
Ensemble!

Grèce :  non à l’austérité et au chantage
financier

Entre J.C. Juncker, ancien chef d’État d’un paradis
fiscal, qui se dit « affligé », « se sent trahi » par la
décision du gouvernement grec de consulter le peuple par référendum le 5
juillet, et M. Sapin qui « a très mal pris « cette décision, nous
sommes en plein bal des hypocrites.

L’Union européenne était à deux doigts d’un accord
avec les négociateurs grecs parait-il.
Mensonge !

Le FMI, la BCE, l’Eurogroupe n’ont eu de cesse de
procéder à un véritable chantage financier conditionnant 15 milliards d’argent
frais contre des réformes structurelles visant les retraites, la TVA et donc
davantage d’austérité pour la population.

« Argent frais » ? Pas vraiment puisqu’il
s’agissait d’un recyclage de subsides déjà prévus ou destinés à renflouer les
banques grecques. Sur ces 15 milliards, plus de 3 milliards n’étaient que la
restitution des profits spéculatifs fait sur les obligations grecques.

Grandeur nature c’est la démonstration qu’en fait
de négociations, il s’agissait d’un chantage financier.

Hypocrisie quand les mêmes refusent de reconnaître
que la dette, illégitime, ne pourra pas être rembourser.

Le 5 juillet, le peuple sera consulté par
référendum.

« Ensemble! Mouvement pour une alternative de
gauche écologiste et solidaire », dénonce la campagne mensongère qui se
développe contre le gouvernement d’A. Tsipras et soutient sa décision de
consulter la population.

Ce qui se joue c’est la possibilité d’une autre
voie pour les peuples en Europe que l’austérité sans fin, d’une alternative
démocratique, sociale et écologique.

L’Union européenne nie tout simplement toute
souveraineté au peuple grec qui a voté contre l’austérité aux élections de
janvier dernier.

A l’insupportable chantage financier, opposons la solidarité
internationale.

« Ensemble! »
appelle à participer à toutes les manifestations unitaires en soutien au peuple
grec.

 A Montpellier ce sera le Vendredi  03 juillet à 19h devant la préfecture. 


Tribune de Clémentine Autain parue dans Libération





François
Hollande choisit

l’Europe de
la rancœur contre la Grèce

Depuis
ses premiers succès électoraux, Alexis Tsipras a cherché à s’appuyer sur le
pouvoir français. Il n’a rien obtenu. Pire, François Hollande et ses ministres
ont accompagné les positions de la droite européenne.

La décision d’Alexis
Tsipras de soumettre à son peuple la proposition d’accord
 en
forme de diktat de la Troïka a fait tomber les masques. Sans attendre le
verdict des urnes, les ministres des finances ont décidé samedi 27 juin,
sans le ministre grec, de refuser de prolonger de quelques jours le programme
actuellement en place. Dans la foulée, dimanche matin la BCE annonçait
interrompre les refinancements d’urgence aux banques grecs. Ce coup de force
financier qui revient à suspendre la participation de la Grèce à la zone euro témoigne
de l’hostilité viscérale des responsables de l’UE à l’expression de la volonté
populaire.

Le
gouvernement dirigé par Syriza fait au contraire appel à la démocratie. Depuis
janvier, le premier gouvernement élu en Europe sur un mandat d’opposition aux
politiques néolibérales a été soumis au supplice de la goutte : la BCE a
limité l’accès des banques à son refinancement, les intérêts perçus sur la
dette grecque par la BCE et qui devaient être reversés au gouvernement grec ne
l’ont pas été, un fond destiné à la capitalisation des banques grecs a lui
aussi été séquestré. Ces derniers jours, la pression est encore montée d’un
cran. La Banque centrale européenne et la Banque de Grèce se sont mises à
spéculer publiquement sur les risques de bank runjusqu’à couper dimanche
le robinet des liquidités, un véritable sabotage politique visant à accélérer
les retraits du système bancaire grec et provoquer une panique dans la
population afin de faire plier Tsipras.

Furie néolibérale

Cette
stratégie a échoué. Après des mois de ruse pour retarder l’échéance, le
portefeuille vide et sous la menace d’un défaut imminent, Alexis Tsipras avait été
contraint à d’énormes concessions : passage progressif de l’âge de la
retraite à 67 ans, augmentation de diverses taxes et cotisations,
privatisations. Un ajustement supplémentaire de 8 milliards d’euros allait
entraîner la poursuite de la dépression économique, une hausse du chômage et de
la pauvreté. Mais, bien que le montant du resserrement auquel il avait consenti
soit exactement conforme aux exigences de la Troïka, la proposition de Syriza
de limiter l’impact sur les plus pauvres a été rejetée la semaine dernière à
Bruxelles. En recalant la taxe proposée sur les gros profits et en exigeant
davantage de sacrifice sur les retraites la Troïka voulait ajouter l’humiliation
à la défaite de Syriza. Cette dernière goutte de furie néolibérale a eu raison
de la volonté du gouvernement grec de composer et l’a amené à convoquer un référendum.

A la
question «Oui ou non acceptez-vous la proposition d’accord formulée par les
institutions ?», les Grecs ont toutes les raisons de voter
“Non”. Les mesures exigées ne feraient qu’aggraver la situation en Grèce
sans pour autant ni résoudre la question de la dette, ni rapprocher les peuples
européens. Au contraire, l’échec certain du programme se traduirait par une
litanie d’objectifs manqués et un nouveau cycle de récriminations, nourrissant
méthodiquement une Europe de la rancœur. Désormais, la rupture de la Grèce avec
le cœur néolibéral de l’Europe est engagée. C’est un immense défi pour ce
peuple, mais la seule option dont il dispose pour conserver sa dignité et
engager sa reconstruction économique et sociale.

La
politique de droite de François Hollande

La
responsabilité de François Hollande dans ce retournement est immense. Depuis
ses premiers succès électoraux, Alexis Tsipras a cherché à s’appuyer sur un
pouvoir français qu’il pensait être de gauche afin de faire pencher la balance
en Europe et desserrer l’étau sur la Grèce. Il n’a rien obtenu. Rien. Pas une déclaration
de soutien à l’idée de rompre avec l’austérité, pas une attention à la proposition
d’organiser une conférence européenne sur la dette. Pire, François Hollande et
ses ministres ont accompagné les positions de la droite européenne. Ils ont
repris à l’identique l’argument fallacieux sur les prétendues dettes des grecs
vis-à-vis des autres contribuables européens, alors que plus de 90% de la dette
internationale de la Grèce a servi à renflouer le système financier.
Propagandistes zélés du There is no alternative de Margaret Thatcher,
les responsables français n’ont cessé d’insister sur la nécessité de respecter
des règles budgétaires qui alimentent la récession et de prêcher en faveur de réformes
structurelles qui ne font que donner le champ libre au capital aux dépens du
commun et des droits sociaux.

François
Hollande qui mène une politique économique et sociale de droite dans l’hexagone
a été pleinement cohérent avec cette orientation sur la scène européenne. S’il était
habité par un sens de la justice sociale et de la solidarité internationale, il
aurait dû défendre publiquement d’autres options. Il lui aurait fallu commencer
par refuser le Pacte de stabilité qui constitutionalise l’austérité, puis répondre
positivement à la proposition grecque d’une conférence continentale sur la
dette. Hollande aurait aussi dû s’opposer à ce que la BCE mobilise plusieurs
milliers de milliards d’euros en faveur du secteur financier et imposer à la
place le financement d’un plan européen d’investissement, de recherche et de création
d’emplois pour faire transiter nos sociétés vers la sobriété énergétique. Son
mandat aurait du être l’occasion de poser les premières briques d’une
protection sociale européenne, de prendre à bras-le-corps les
dysfonctionnements de la monnaie unique… les chantiers ne manquent pas. Hélas,
le président français n’a même pas perdu. Il n’a mené aucune de ces batailles,
accompagnant la sclérose de l’Union Européenne dans un carcan néolibéral qui
lui devient consubstantiel.

Amis
grecs, la triste réalité est que pour construire l’Europe des solidarités dont
nous avons besoin, il ne faut compter ni sur François Hollande, ni sur un Parti
socialiste désormais fermement arrimé dans une grande coalition européenne
permanente avec la droite. Mais sachez aussi que dans ce moment périlleux,
votre courage galvanise des forces sociales et politiques qui, à votre suite,
travaillent à construire l’alternative en France et sur le continent.

J’invite
toutes les personnes et organisations qui n’ont pas renoncé à construire une
autre Europe à exprimer leur colère contre l’attitude de François Hollande, et
leur soutien au peuple grec, au cours des manifestations de ces prochains
jours. Dès les élections régionales de décembre prochain, une alternative
politique doit se cristalliser, en lien avec les mobilisations populaires, qui
montrera qu’existe encore en France une gauche œuvrant en faveur du progrès et
de la justice sociale.

Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble-Front de Gauche,
directrice du journal
Regards.
Tribune publiée dans Libération.



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